Sir William BEECHEY (1753 - 1839) - Lot 1

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Sir William BEECHEY (1753 - 1839) - Lot 1
Sir William BEECHEY (1753 - 1839) Portrait de Pascal Paoli (1725 - 1807). Toile. Hauteur : 126 cm. Largeur : 99 cm. Signé à droite: Guliemus Beechey Eques / Mag: Brit: Reginae Pictor Londoni Pinxit. AD MDCCXCVIII Restaurations anciennes. Provenance : - Vente de la Galerie Corsini de Florence ; - Collection du comte Cipriani, château de Bellavista, Centuri (cap Corse) ; - Collection F. De Ribes Christofle, sa vente, Paris, Galerie Georges Petit, 10-11 décembre 1928, n° 23 reproduit (portrait d'homme) ; - Vente Paris, Hôtel Drouot, 8 juin 1938, Me Champetier de Ribes, n°10 reproduit (portrait d'homme) ; - Vente Paris, Hôtel Drouot, 3 décembre 1941, Me Champetier de Ribes, n° 3 non reproduit (portrait d'homme) ; - Vente Avignon, Me Armengau, 24 avril 1994 (reproduit dans la Gazette de l'Hôtel Drouot, n°15 du 8 avril 1994, (portrait d'homme) ; - Collection privée. Admis à l'école de la Royal Academy en 1772, où il reçoit probablement l'enseignement de Johann Zoffany, William Beechey y expose des portraits dès 1775. En 1785, après un séjour de cinq ans à Norwich, il s'installe à Londres et acquiert une renommée considérable au cours des années 1790. Apprécié pour la sobriété de sa manière, proche de Joshua Reynolds et de George Romney, il a pour clientèle la gentry britannique et tout ce que Londres compte alors de personnalités à la mode. Il devient le portraitiste officiel de la reine Charlotte en 1793 et intègre la Royal Academy comme associé puis académicien en 1798. La même année, son George III passant en revue les 3e et 10e régiments de dragons, détruit lors de l'incendie du château de Windsor en 1992 mais dont le musée du Louvre conserve une copie réduite, triomphe à l'exposition de la Royal Academy. C'est donc à l'apogée de sa carrière que l'artiste réalise notre tableau. La vie de Pascal Paoli est une épopée. Vingt ans avant la guerre d'indépendance américaine et bien avant la Révolution française, il prend la tête de l'insurrection corse, met un terme à quatre cents ans de domination génoise et rédige presque intégralement la première constitution démocratique de l'histoire moderne. Dans l'Europe des Lumières, il suscite alors une immense admiration, inspire jusqu'à Jean-Jacques Rousseau et devient l'idole d'une génération entière amenée à changer le monde, celle de Napoléon, qui voit en lui l'étoffe d'un héros de Plutarque et dont le père, Charles Bonaparte, est alors le secrétaire particulier du Général. La conquête française de 1769, qu'achève la bataille de Ponte-Novu, l'oblige à quitter la Corse et à se réfugier à Londres. Il y fréquente les brillants esprits du siècle, de Samuel Johnson à Edmund Burke. Favorable aux événements de 1789, Paoli est amnistié par l'Assemblée nationale et érigé en champion des libertés. En 1790, il regagne la Corse après vingt-et-un ans d'absence et se voit élu président du Conseil général à l'unanimité. Cependant, il prend bientôt ses distances avec le gouvernement révolutionnaire. Indigné par l'exécution de Louis XVI, il condamne la Terreur et rompt avec la République. Proscrit par les Jacobins, accusé de trahison et d'intelligence avec l'Empire britannique, alors en guerre avec la France, il oeuvre à la formation d'un royaume anglo-corse supposé préserver l'indépendance de l'île face à l'impérialisme révolutionnaire. Son échec l'oblige à un exil définitif en 1795, à l'âge de 70 ans. Il mène dès lors une existence discrète quoique auréolée d'un grand respect jusqu'à sa mort en 1807. Il consacre ses dernières années à l'écriture et à des réflexions sur le devenir de la Corse, qu'il ne reverra jamais. C'est cet homme des Lumières que célèbre notre portrait. Il s'agit peut-être du tableau que Pascal Paoli mentionne dans une lettre datée du 20 mai 1798, adressée à son amie Maria Cosway, elle-même très admirative du tableau [1]. Dans cette lettre, il évoque deux autres portraits de lui, réalisés au cours de la même année par Richard Cosway [2] et Thomas Lawrence [3]. Sur notre tableau, Paoli tient une feuille blanche, symbole d'un avenir encore à tracer. Selon l'historien George Oberti, Paoli entendait léguer ce tableau à la nouvelle Académie de Corte [4]. La conquête française ayant provoqué la fermeture de la première université qu'il y avait fondée en 1765, c'est, par conséquent, dans la perspective de sa réouverture que le Général en exil aurait passé commande de ce portrait. Elle n'adviendra qu'en 1981. Au second plan, une fenêtre s'ouvre au loin sur le paysage, quelque peu idéalisé, de Corte et du Lombarduccio que Beechey a repris d'une gravure de John Browne de 1772 conservée au British Museum et réalisée d'après un dessin disparu de John Kent [5]. Une reprise de notre portrait par Beechey, de composition similaire mais de dimensions réduites (59 x 77 cm), est documentée dans le livre de compt
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