[ARAGON Louis] - Lot 88

Lot n° 88
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[ARAGON Louis] - Lot 88
[ARAGON Louis] "Chanson de La Ricamarie". Poème autographe signé à l'encre bleue. 1 page in-8 au dos d'un papier à en-tête "République Française". "Chanson de La Ricamarie Limites de la force humaine La faim croissant autour des puits Il se fit plus noir dans la nuit Quand vint la septième semaine On peut souffrir mais les enfants C'est les enfants qui sont le pire Et la mère en dormant soupire Le coeur est lourd le coeur se fend Faut il seulement croire aux larmes A la tristesse au temps si long L'homme est-il moins dur que le plomb La raison reste-t-elle aux armes On avait semé pleurs et sang Dans ce pays de la misère D'où les syndicats se levèrent Voici soixante dix neuf ans Le soleil c'est votre courage Hommes de fer hommes du fond L'avenir comme le charbon Vos pics en fassent l'abattage Ce matin cous avez repris Un puits [vous] mineurs de la Loire Ce soit l'ombre sera moins noire Pour ceux de la Ricamarie Et cette histoire surhumaine Fait reculer Moch et la nuit Une semaine l'autre suit Voici la septième semaine Aragon" Provenance : Offert par Aragon à Jean-René Laplayne au début des années 1950, puis par descendance. Jean-René Laplayne (de son vrai nom Jean-Dominique Chiocca), était journaliste, éditorialiste, ancien rédacteur en chef du journal marseillais le Provençal puis du journal La Corse à partir de 1989. Dès sa jeunesse, il écrivait des poèmes et connut Aragon, Éluard, Joë Bousquet. LAPLAYNE écrivait notamment dans les Cahiers du Sud, revue littéraire créée par le poète Jean Ballard. Contexte historique : Cette chanson est un hommage aux "gueules noires", à replacer dans le contexte de la grève des mineurs en 1948. Après la libération, les mineurs ont fourni d'importants efforts afin d'accroître le rendement des mines. Ces derniers considéraient que leurs efforts n'étaient pas récompensés, de surcroît dans un contexte socio-économique difficile et inflationniste. Louis Aragon, rallié au Parti Communiste, écrivit cette chanson en soutien et hommage à ces travailleurs et plus particulièrement à ceux de la commune de La Ricamarie qui dressèrent des piquets de grève. Le ministre de l'intérieur de l'époque, Jules Moch, déploya un important dispositif répressif, décrié ici par Aragon dans ce poème en octosyllabe à rimes embrassées.
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